Beaucoup de partenariats agroalimentaires suivent le même rythme. Après une phase de mise en place de la collaboration le long de la chaîne de valeur, vient une période de mise en œuvre active, souvent avec un appui et une facilitation externes. Puis une question clé se pose : de quel type d’accompagnement avons-nous encore besoin ?
Une réflexion régulière permet d’y répondre à temps. Un bilan annuel du partenariat aide à décider s’il faut continuer en ajustant, consolider pour avancer de façon autonome, ou clôturer correctement.
Pourquoi un bilan annuel est essentiel
Dans les projets de longue durée (cinq à dix ans), le contexte change et les partenariats évoluent à des rythmes différents. En général, il faut deux à trois ans pour qu’un partenariat prenne forme et mûrisse. S’engager dès le départ pour plusieurs années d’appui intensif n’est pas toujours pertinent. Après tout, rares sont ceux qui commencent avec un contrat à durée indéterminée, n’est-ce pas ?
Une réflexion annuelle aide les partenaires et les facilitateurs à :
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gérer les attentes sur le caractère temporaire de l’appui externe,
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détecter tôt les signes de contre-performance ou de désengagement,
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reconnaître quand le partenariat est assez solide pour voler de ses propres ailes.
Vu sous cet angle, le bilan n’est pas une évaluation formelle, mais une discussion stratégique sur l’avenir du partenariat.
Trois options possibles
À iCRA, nous distinguons trois issues possibles après cette réflexion annuelle.
1. Adapter – continuer
Certains partenariats avancent, mais ont encore besoin d’une facilitation active. L’appui externe reste important. La réflexion sert alors à ajuster les stratégies, les rôles ou les activités.
2. Clôturer – sortir proprement
Tous les appuis ne sont pas faits pour durer. Parfois, les signaux d’alerte sont trop nombreux : manque d’engagement, faibles performances économiques, problèmes de gouvernance, ou priorités changeantes des acteurs clés.
Dans ces cas, mettre fin à l’appui est une décision logique et saine. Ce n’est pas un échec, mais une réponse réaliste à l’évolution du partenariat. Clôturer de manière structurée et respectueuse permet de préserver la clarté et la confiance.
3. Consolider – réduire progressivement l’appui externe
D’autres partenariats montrent une dynamique différente : collaboration solide, leadership local fort, modèle économique viable et appropriation par les acteurs.
Ici, le partenariat est prêt à devenir autonome. En phase de consolidation, la facilitation et le financement externes diminuent progressivement, tandis que les acteurs de la chaîne de valeur assument pleinement leurs responsabilités. Un appui léger peut encore être prévu pour un temps limité, mais l’objectif est clair : l’indépendance.
Le Quick Scan Partenariat : un outil simple pour décider
Pour soutenir ces choix, iCRA a développé un Quick Scan Partenariat pour analyser les partenariats agroalimentaires. Cet arbre de décision simple aide les coachs, formateurs et équipes projet à se poser chaque année deux questions clés :
iCRA Quick Scan de Partenariat FR
Utilisé de manière cohérente, ce quick scan permet aux conseillers en agribusiness de décider chaque année de la meilleure stratégie de facilitation du partenariat. Il rend les échanges sur la performance, la maturité et l’autonomie plus naturels. Il apporte de la clarté. Et il transforme la sortie progressive d’un appui en étape logique, plutôt qu’en casse-tête de dernière minute.
Quand il est temps de clôturer
Dans cet expert bite, nous avons vu comment un quick scan annuel aide à choisir la meilleure direction : poursuivre avec appui actif, consolider vers l’autonomie, ou clôturer face à des signaux d’alerte persistants.
Dans le prochain expert bite d’iCRA, nous approfondirons ce dernier cas : comment mettre fin à une facilitation lorsque les signaux d’alerte persistent et que continuer n’a plus de sens.
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